La fresque nucicole
Le noyer, si emblématique de l’Isère
Pourquoi le noyer est-il chez lui en Isère ? Tout simplement parce qu'il y trouve tout ce qu'il aime :
des sols riches et bien drainés, un climat ni trop chaud ni trop froid…
Et surtout, des femmes et des hommes qui savent le cultiver depuis des siècles.
Originaire d'Asie centrale, le noyer est arrivé en Europe avec les Grecs puis les Romains.
En Isère, il est cultivé dès le Moyen Âge. D'abord au bord des champs, puis dans de grands vergers qui vont façonner peu à peu le paysage. Pourquoi ? Parce qu’à la fin du XIXᵉ siècle, les vignes et les mûriers sont touchés par de graves maladies (notamment le phylloxéra). Le noyer prend alors le relais. La noix devient l'une des grandes richesses du territoire, jusqu'à donner naissance à la célèbre Noix de Grenoble.

Pas un noyer… mais des noyers


Le chiffre-clé

On respire !
Un noyer a besoin d'espace pour bien grandir. Ses branches s'étendent largement et la lumière doit pouvoir pénétrer jusqu'au coeur de la ramure. C’est important pour favoriser une bonne production de noix. C'est pourquoi les arboriculteurs pratiquent une taille d'entretien, en général tous les trois ans, afin d'aérer l'arbre et de préserver son équilibre. Ça aussi, c’est dans le cahier des charges. C’est une étape d’une très grande importance !
La taille de l’arbre est aussi l’un des secrets pour obtenir un beau volume.
Dans un verger, chaque noyer dispose aussi d'un véritable “espace à lui” : environ 100 m² par arbre pour les variétés traditionnelles. Seule la variété Fernor, plus compacte, se contente d'environ 48 m².
20 à 25 m.
Ce sont des arbres à croissance rapide.
Il faut attendre
8 à 10 ans avant
qu’un noyer commence à produire.
La greffe, un savoir-faire qui traverse le temps
Impossible de semer une noix et d'être certain d'obtenir le même arbre ! Pour retrouver exactement les qualités d'une variété, les arboriculteurs utilisent une technique bien connue : la greffe. C'est grâce à elle que les variétés Mayette, Franquette et Parisienne sont encore cultivées aujourd'hui. Plus récente, la Fernor est née du travail de chercheurs qui ont créé une variété mieux adaptée aux vergers d'aujourd'hui, notamment face aux gelées printanières.
Anciennes ou modernes, toutes ces variétés ont un point commun : elles continuent de vivre grâce à la greffe.
Les vieux noyers cachent bien des secrets






Une inspiration pour les plus grands artisans
Si même Harry Potter s’y met…

QUIZ
A. les crosses de fusils
B. les tonneaux
C. les charpentes

Un arbre et des symboles
Depuis l'Antiquité, le noyer est un arbre à part. Les Grecs et les Romains le considéraient comme un arbre noble, symbole de sagesse, de fécondité et d'abondance. Dans de nombreuses régions, planter un noyer près d'une maison était même censé apporter prospérité et bonheur à toute la famille.
Capable de vivre plusieurs siècles, il est aussi devenu un symbole de force, de patience et de transmission.

L’ANECDOTE
Voilà un conseil que l'on entend depuis des siècles… Mais est-ce vraiment vrai ? Cette croyance vient sans doute d'une substance naturelle fabriquée par le noyer : la juglone. Présente dans les feuilles, les racines et le brou des noix, elle empêche de nombreuses plantes de pousser au pied de l'arbre. Elle contribue aussi à éloigner certains insectes. C’est peut-être cela qui a nourri cette vieille superstition. Après la pluie ou par temps très humide, son odeur est plus perceptible.
Au XVIᵉ siècle, Jean Ruel, médecin de François Ier, écrivait même que le nom du noyer venait d'un mot latin signifiant “nuire”. Pourtant, rien ne prouve qu'une petite sieste à l'ombre d'un noyer soit dangereuse… à condition, bien sûr, de ne pas recevoir une noix sur la tête.

Apprendre en s'amusant
Parce qu’on apprend mieux en expérimentant, cette rubrique propose des jeux, coloriages et activités pédagogiques pour mieux comprendre la culture de la Noix de Grenoble AOP, à l'école ou à la maison.



