Nuci n°7

le petit magazine qui fait bouger la noix de grenoble

L'édito

État des lieux,
état d’urgence

L’année 2023 a une
nouvelle fois mis notre
profession à rude épreuve.
Nous faisons ici le bilan,
marqué par une baisse
historique de la production.
En septembre encore,
il était difficile de prévoir
ce qui adviendrait.
Nous vivons depuis deux ans
une période complexe,
à tous les niveaux,
où tout peut basculer du jour
au lendemain.
Face à cette crise profonde,
l’important, rappelons-le,
est de rester unis.
Le CING se tient au plus près
des nuciculteurs
et des acteurs de la filière,
observe et analyse tous
les indices qui remontent,
aussi bien en provenance
des marchés mondiaux
que de nos vergers.
Nous ne savons pas
ce que nous réserve 2024.
Une chose de sûre, le label
reste notre garde-fou.
Ses valeurs, sa force
continueront à porter notre
profession… quels que
soient les aléas.

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Arnaud Rivière
Président du CING

Le chiffre
5400
C’est le tonnage PROVISOIRE de noix de Grenoble livrées aux entreprises de mise en marché à fin décembre 2023, contre 10 500 tonnes sur une année moyenne. 70 % des noix ont déjà été vendues.

Une récolte historique qui
restera dans les mémoires

Le CING fait le point sur la dernière saison avec Philippe Pascal, nuciculteur à Saint-Hilaire-du-Rosier et Didier Catel, directeur de Coopenoix à Vinay. Deux hommes de terrain, deux regards croisés.

Comment avez-vous traversé cette année 2023, en tant que nuciculteur pour l’un et metteur en marché pour l’autre ?

Philippe Pascal : La récolte 2023 est très différente de celle de 2022 mais tout aussi imprévue, avec un tonnage divisé par deux. Le modèle économique est forcément bousculé. Habituellement, le noyer n’est pas sujet à une saisonnalité importante, à la différence des autres fruits que je cultive : les mirabelles, les noisettes, les cerises, où la saisonnalité est forte. Beaucoup de fruits une année, moins l’année suivante… Le fait de produire autre chose que des noix est très bénéfique dans un cas comme celui-là. Tous les œufs ne sont pas dans le même panier. Mais il est sûr qu’une troisième année chaotique sur la noix serait catastrophique pour la profession.

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“L’ENJEU PRINCIPAL, C’EST INCITER À LA CONSOMMATION DE NOIX DE QUALITÉ”

Didier Catel : Cette campagne a été très particulière. Elle fait suite à une récolte exceptionnelle en volume. Pour la deuxième année consécutive, nous avons été pris de court. Prévendre un volume qui n’existera pas est aussi complexe que d’avoir des excédents de quantité à mettre sur le marché. Nous avons cruellement manqué d’outils de prévision de récolte avec lesquels nous aurions pu mettre en place des stratégies de commercialisation anticipée. Les avancées en cours sur ces solutions techniques sont donc très attendues.

Pourtant, si la quantité n’était pas au rendez-vous, vous soulignez la qualité du produit Noix de Grenoble.
D.C. : Le calibre 2023 est magnifique. Des noix lourdes, des coques claires. Mais parfois, sous certains fruits se cachaient des cerneaux foncés, insuffisants en qualité, sans signes distinctifs extérieurs. Une difficulté inattendue. Et sur ce point, je dois dire que la réaction des producteurs a été immédiate et d’une efficacité redoutable. Ils ont redoublé de vigilance et de temps sur les opérations de triage. Les efforts ont été récompensés. Concernant les noix de 2023 que nous avons mis sur le marché, nous n’avons eu quasiment aucune réclamation sur la qualité. Preuve que les producteurs savent se retrousser les manches lorsque c’est nécessaire !
Optimistes ?

P.P. : S’il y a une bonne nouvelle, c’est sans doute que cette “mini-récolte” mettra les stocks à zéro à la fin de la saison de commercialisation. Nous pourrons ainsi commencer la prochaine campagne avec de belles noix du millésime 2024. Une chose est sûre, pour survivre et pérenniser la filière, il nous faut une qualité irréprochable. Notre réputation est en jeu.

D.C. : Nous ne subirons pas l’effondrement des prix que nous avons connu l’année dernière. Et je constate que les distributeurs mettent en avant la noix française, ils jouent le jeu. Nous devons travailler à “booster” notre appellation. La typicité de la Franquette, ses qualités gustatives sont des atouts indéniables.

Selon vous, quels seraient les axes importants pour l’avenir de la filière ?

P.P. : Pour moi, l’enjeu principal, c’est inciter à la consommation de noix de qualité sur notre marché. Avec ce beau produit qu’est la Noix de Grenoble, c’est toute la filière de la noix française qu’on peut emmener avec nous. J’ai du mal à imaginer que le consommateur français consomme si peu de noix par rapport à d’autres pays, y compris en Europe !

D.C. : Il nous faut travailler tous ensemble sur cette notion de terroir. Nous sommes uniques sur un marché mondial aux tonnages de géants qui, en termes de qualité, ne peuvent pas rivaliser, en tout cas pour la Chine et les États-Unis. C’est là que ça se joue.

REMISE EXCEPTIONNELLE
SUR LA COTISATION AOP

Dans ce contexte de crise, le Conseil d’Administration a pris la décision d’effectuer une remise exceptionnelle de 50 % sur les cotisations des producteurs.
Cette remise concerne la part de cotisations assise sur la surface. De plus, du fait de la réduction des volumes de noix entrées dans les entreprises, la masse de cotisation provenant de l’aval est également à la baisse.
Le budget du CING est donc divisé par deux cette année.

LA CONFRÉRIE, LE CLIP

On vous en parlait dans le dernier Nuci, la Confrérie de la Noix de Grenoble était au Palais Idéal du Facteur
Cheval pour introniser ses nouveaux membres.
L’occasion aussi de tourner quelques images pour mieux connaître ces passionnés bénévoles et superactifs !

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Communiquer toujours,
mais différemment

Si le budget communication 2024 est nécessairement revu à la baisse, pas question pour autant de tracer une croix sur l’image de la Noix de Grenoble. Dans le contexte difficile que nous connaissons, la stratégie serait totalement contre-productive. Au contraire, essayons de faire aussi bien, avec moins. Ce qui signifie des lignes de budget fléchées vers des postes stratégiques, les indispensables qui donnent à la Noix de Grenoble la meilleure visibilité.

salons

Face à la concurrence, notamment étrangère, la Noix de Grenoble veut maintenir sa présence. Si le budget 2024 ne permettra pas de participer aux salons professionnels de Berlin et Rimini comme en 2023, une présence au SIAL, en fin d’année, est en cours de réflexion. D’ici là, la Noix de Grenoble ne manquera pas de s’afficher au Salon International de l’Agriculture à Paris, sur les stands de la Région AURA (le 24 février) et sur celui du Département de la Drôme (les 2 et 3 mars).

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COACHING MÉDIA

Un important travail de relations presse a été mené pour inciter les journalistes à se rendre sur place ou à contacter nos nuciculteurs.
Un coaching orienté sur la prise de parole a été organisé avant la récolte afin que chaque ambassadeur nommé soit préparé à cet exercice particulier.

Relations presse
Elles seront mobilisées quelques mois encore car le sujet “Noix de Grenoble” intéresse les médias d’influence. Pour preuve les nombreux articles que nous avons eus dans la presse économique et art de vivre.
DÉJEUNER DE PRESSE

“Je m’appelle Chloé Charles et je suis cuisinière. J’aime le produit, les gens et bien manger.” Les premières lignes de son site internet donnent le ton. Elle est jeune, ultra-motivée par son métier et les saveurs de toutes sortes…
et en plus, elle adore la Noix de Grenoble. On était ravi d’entamer cette saison avec Chloé Charles, jeune cheffe passée par l’école Ferrandi. Grâce à sa créativité, la Noix de Grenoble a été sublimée de l’entrée au dessert pour un déjeuner de presse qui a réuni 4 producteurs et 12 journalistes de la presse nationale (Le Monde, RTL, Régal, Les Échos, Saveurs…). Résultat : des articles qui ont mis en valeur la noix, le terroir et les nuciculteurs de notre région.
Preuve que notre appellation les a inspirés !

Digital et réseaux sociaux

Là encore, présence incontournable. Avec un budget revu, ce sera moins de contenus vidéo (les clips déjà réalisés resteront accessibles dans la vidéothèque du site internet) et une présence a minima sur les réseaux sociaux.
Restons actifs : une communauté qui ne communique plus du tout est condamnée à l’effacement… Publications à doses homéopathiques et pertinence au programme.

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RENDEZ-VOUS

Une réunion de restitution est organisée autour du thème “Broyage de la bande enherbée et ses effets sur la disponibilité en eau du sol, en culture de noyers”.
Elle se tiendra le mardi 13 février à 14 h, salle Parthenis à la mairie de Parnans (26).
L’accès est libre et ouvert à tous les agriculteurs.

PLAN FILIÈRE NOIX DE GRENOBLE : DERNIÈRE LIGNE DROITE !

Le Plan Filière Noix de Grenoble entre dans sa dernière année de programmation.
Ce dispositif finance des investissements pour les exploitations agricoles et permet aux organismes de mener des actions pour la filière.
Les matériels éligibles sont les sécateurs électriques, l’implantation de couverts végétaux et les tondeuses automotrices pour l’entretien du rang.
Les aides financières s’adressent aux agriculteurs à titre principal ou secondaire, étant adhérent au CING et justifiant d’au moins 60 % de surfaces de noyers en AOP. Ces dispositifs sont ouverts à tous, que l’on soit coopérateur ou indépendant.
Notez que seul le matériel neuf est éligible.
Il existe aussi de nombreux dispositifs portés par la Région et les Départements pour financer du matériel.